Guide · CRM

Calcul du CRM : les règles, la table, les pièges.

Le coefficient de réduction-majoration n'est pas une estimation commerciale : c'est un calcul encadré par le Code des assurances, identique chez tous les assureurs. Voici comment le refaire à la main, et où il se trompe le plus souvent.

Un CRM déclaré par un client ne se vérifie pas d'un coup d'œil : il est le résultat d'une chaîne de multiplications sur plusieurs années, dont chaque maillon dépend de dates précises. Ce guide reprend la chaîne dans l'ordre.

Ce que le CRM mesure

Le coefficient de réduction-majoration, aussi appelé « bonus-malus », est un multiplicateur appliqué à la prime de référence du contrat. La prime de référence est celle qui correspondrait au véhicule, à la zone et au profil retenus par l'assureur ; le CRM la module en fonction du passé de l'assuré.

Prime payée = prime de référence × CRM. Un coefficient de 0,68 signifie une prime de référence réduite de 32 % ; un coefficient de 1,25, une prime majorée d'un quart. Le coefficient de départ, pour un conducteur qui n'a jamais été assuré, est de 1,00.

Le mécanisme s'applique aux véhicules terrestres à moteur à usage privé ou professionnel courant. Certaines catégories en sont exclues : deux-roues de faible cylindrée selon les contrats, véhicules de collection, engins agricoles et flottes. Dans ces cas, le relevé d'information ne porte pas de coefficient et l'antériorité s'apprécie autrement.

La période de référence : douze mois, décalés de deux

C'est le point que l'on oublie le plus souvent. Le coefficient applicable à une échéance annuelle est calculé sur une période de référence de douze mois consécutifs qui s'achève deux mois avant cette échéance.

Autrement dit, pour un contrat dont l'échéance tombe au 1er avril, la période prise en compte court du 1er février de l'année précédente au 31 janvier de l'année en cours. Les deux derniers mois avant l'échéance ne sont pas « perdus » : ils basculent dans la période suivante.

La conséquence pratique

Un sinistre survenu dans les deux mois qui précèdent l'échéance n'est pas encore reflété par le coefficient inscrit sur le relevé d'information. Le client peut présenter en toute bonne foi un CRM de 0,64 alors qu'un sinistre responsable de la veille le portera à 0,80 à l'échéance suivante. C'est l'un des contrôles que ChronoFrise signale automatiquement.

La réduction : 5 % par année sans sinistre

Chaque période de référence de douze mois sans sinistre responsable fait baisser le coefficient de 5 % :

CRMnouveau = CRMen cours × 0,95, arrondi à deux décimales par défaut.

L'arrondi se fait par défaut, c'est-à-dire vers le bas, et non au plus proche. C'est ce qui explique les paliers qui semblent irréguliers : 0,76 × 0,95 vaut 0,722, ce qui donne 0,72 et non 0,73.

La descente s'arrête à 0,50, le coefficient minimal. Il faut treize années consécutives sans sinistre responsable pour l'atteindre depuis 1,00.

La table complète, année par année

Évolution du coefficient de réduction-majoration sur treize années sans sinistre responsable
Années sans sinistre Calcul CRM Réduction
DépartValeur initiale1,000 %
1 an1,00 × 0,950,955 %
2 ans0,95 × 0,95 = 0,90250,9010 %
3 ans0,90 × 0,95 = 0,8550,8515 %
4 ans0,85 × 0,95 = 0,80750,8020 %
5 ans0,80 × 0,95 = 0,760,7624 %
6 ans0,76 × 0,95 = 0,7220,7228 %
7 ans0,72 × 0,95 = 0,6840,6832 %
8 ans0,68 × 0,95 = 0,6460,6436 %
9 ans0,64 × 0,95 = 0,6080,6040 %
10 ans0,60 × 0,95 = 0,570,5743 %
11 ans0,57 × 0,95 = 0,54150,5446 %
12 ans0,54 × 0,95 = 0,5130,5149 %
13 ans et plusplancher0,5050 %

Cette table est celle d'un contrat sans interruption ni sinistre responsable. Toute rupture dans la chronologie la décale : c'est précisément ce qu'une frise met en évidence.

La majoration : 25 % par sinistre responsable

Chaque sinistre engageant entièrement la responsabilité de l'assuré sur la période de référence multiplie le coefficient par 1,25.

Lorsque la responsabilité est partagée, la majoration est réduite de moitié : le coefficient est multiplié par 1,125.

Deux sinistres responsables sur la même période se cumulent en multipliant les coefficients entre eux : 1,00 × 1,25 × 1,25 = 1,5625, arrondi à 1,56. Le coefficient ne peut jamais dépasser le plafond de 3,50.

Un exemple complet sur cinq ans

Année 1 : aucun sinistre
1,00 × 0,95 = 0,95
Année 2 : aucun sinistre
0,95 × 0,95 = 0,9025 → 0,90
Année 3 : un sinistre responsable
0,90 × 1,25 = 1,125 → 1,12
Année 4 : un sinistre à responsabilité partagée
1,12 × 1,125 = 1,26 → 1,26
Année 5 : aucun sinistre
1,26 × 0,95 = 1,197 → 1,19

Un client qui annonce « je suis à 0,90, j'ai juste eu un petit accrochage » décrit en réalité un coefficient de 1,12. L'écart n'est pas de la mauvaise foi : c'est l'ordre des opérations qui n'est pas intuitif.

La descente rapide : retour à 1,00 après deux ans

Le malus ne se rembourse pas année par année. Après deux années consécutives sans aucun sinistre responsable, le coefficient revient directement à 1,00, quel que soit le niveau atteint.

Un assuré à 2,44 qui ne déclare rien pendant deux périodes de référence repasse donc à 1,00, et non à 2,20 par application de deux réductions de 5 %. C'est une remise à plat, pas une décrue.

Le bonus à vie : la clause de sauvegarde

L'assuré qui bénéficie du coefficient minimal de 0,50 depuis au moins trois années consécutives conserve ce coefficient lors de son premier sinistre responsable : la majoration de 25 % ne s'applique pas.

La protection est à usage unique. Le sinistre responsable suivant majore normalement le coefficient, à partir de 0,50. Cette clause est attachée à l'assuré, pas au véhicule : elle le suit lorsqu'il change de voiture ou d'assureur.

Les sinistres qui n'augmentent pas le coefficient

Tous les sinistres inscrits sur un relevé d'information ne pèsent pas sur le CRM. Ne majorent pas le coefficient :

  • les sinistres dans lesquels la responsabilité de l'assuré n'est pas engagée ;
  • le vol et l'incendie du véhicule ;
  • le bris de glace ;
  • les catastrophes naturelles et technologiques ;
  • les dommages subis en stationnement lorsque l'auteur est resté inconnu.

Ils restent pourtant mentionnés sur le relevé, et un assureur les regarde : une sinistralité élevée sans responsabilité reste une sinistralité. La distinction est donc à faire dans les deux sens : ne pas majorer un coefficient à tort et ne pas ignorer un historique chargé.

Quand le coefficient se perd

Le CRM suit l'assuré tant que la couverture est continue. Passé une interruption prolongée, en pratique deux ans sans assurance, l'antériorité n'est plus reprise et le coefficient repart à 1,00. Un client au bonus 0,50 depuis dix ans peut ainsi revenir sur le marché à 1,00 après vingt-cinq mois sans véhicule.

Le détail des durées, des cas qui n'en sont pas et de la façon de mesurer le trou est dans le guide Interruption de garantie : quand le bonus est perdu.

Les quatre erreurs qu'on rencontre le plus

  1. Arrondir au plus proche. L'arrondi se fait par défaut. La différence d'un centième se propage ensuite sur toutes les années suivantes.
  2. Oublier le décalage de deux mois. Un sinistre récent n'est pas encore dans le coefficient affiché. Le relevé est exact ; il est simplement en avance sur le calcul.
  3. Appliquer la réduction et la majoration dans le désordre. Sur une même période de référence, un sinistre responsable exclut la réduction : on ne multiplie pas par 0,95 puis par 1,25.
  4. Compter une année de couverture incomplète. Une période de référence n'est validée que si le contrat a couvert douze mois. Onze mois et vingt jours ne donnent pas droit à la réduction.
Le calcul, refait pour vous

ChronoFrise reprend ces règles sur les périodes que vous saisissez, recalcule le coefficient attendu et le compare à celui déclaré. Quand les deux divergent, il dit de combien et pourquoi. Voir le détail du contrôle CRM.

Dernière mise à jour : 7 septembre 2026.

Questions fréquentes

Le CRM en six questions

Comment calcule-t-on le CRM après une année sans sinistre ?

On multiplie le coefficient en cours par 0,95, puis on arrondit à deux décimales par défaut. Un CRM de 1,00 devient 0,95 ; un CRM de 0,76 devient 0,72, puisque 0,722 est tronqué et non arrondi au plus proche. La descente s'arrête au plancher de 0,50, atteint après treize années consécutives sans sinistre responsable.

De combien un sinistre responsable augmente-t-il le CRM ?

De 25 % : le coefficient est multiplié par 1,25 lorsque la responsabilité est entière, par 1,125 lorsqu'elle est partagée. Deux sinistres sur la même période de référence se cumulent en multipliant les coefficients entre eux. Le plafond est de 3,50.

Quelle est la période de référence du bonus-malus ?

Douze mois consécutifs qui s'achèvent deux mois avant l'échéance annuelle du contrat. C'est pour cette raison qu'un sinistre survenu juste avant l'échéance n'apparaît pas encore dans le coefficient inscrit sur le relevé d'information : il sera pris en compte à l'échéance suivante.

Qu'est-ce que la descente rapide du malus ?

Après deux années consécutives sans sinistre responsable, le coefficient revient directement à 1,00, quel que soit le malus atteint. Un assuré à 2,44 repasse donc à 1,00 après deux ans, et non à 2,20.

Qu'est-ce que le bonus à vie ?

Un assuré au coefficient minimal de 0,50 depuis au moins trois années consécutives conserve ce coefficient lors de son premier sinistre responsable : la majoration ne s'applique pas. Elle redevient applicable au sinistre suivant. La clause suit l'assuré, pas le véhicule.

Quels sinistres n'augmentent pas le CRM ?

Ceux dans lesquels la responsabilité n'est pas engagée, ainsi que le vol, l'incendie, le bris de glace, les catastrophes naturelles et technologiques, et les dommages en stationnement dont l'auteur est resté inconnu. Ils figurent malgré tout sur le relevé d'information et comptent dans l'appréciation du risque.

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