Guide · Relevé d'information
Lire un relevé d'information sans rien laisser passer.
Le relevé d'information est la seule pièce qui atteste du passé d'un conducteur. Il est normalisé, court, et pourtant on y lit régulièrement autre chose que ce qu'il dit. Voici ce qu'il contient, dans quel ordre le parcourir, et où se cachent les écarts.
Un relevé se lit en trois minutes. Le vérifier en prend dix, parce que l'information utile n'est pas dans les lignes mais dans ce qui les sépare : les dates.
Ce qu'est un relevé d'information
Le relevé d'information est le document par lequel un assureur atteste du passé d'un assuré sur un contrat de véhicule terrestre à moteur. Il n'est pas une attestation d'assurance, qui prouve qu'un contrat est en cours, mais un historique : ce qui a été couvert, quand, et ce qui s'est passé pendant.
Sa forme est encadrée par le Code des assurances, ce qui explique qu'un relevé émis par n'importe quelle compagnie contienne les mêmes rubriques, souvent dans le même ordre. C'est cette normalisation qui rend la comparaison possible d'un dossier à l'autre.
Quand et comment l'obtenir
L'assureur remet le relevé automatiquement lors de la résiliation du contrat, quelle que soit la partie à l'origine de celle-ci. En dehors de ce cas, l'assuré peut le demander à tout moment, et l'assureur dispose de quinze jours pour le fournir.
Ce délai vaut aussi après une résiliation pour non-paiement de prime : un client qui affirme ne pas pouvoir obtenir son relevé parce qu'il a été résilié se trompe. Il peut l'exiger.
Il photographie une situation à une date donnée. Un sinistre survenu la semaine suivant son édition n'y figure pas. C'est pourquoi la plupart des assureurs en exigent un de moins de trois mois. C'est aussi pourquoi la date d'édition est la première chose à regarder.
Les mentions que l'on doit y trouver
Un relevé conforme porte au minimum :
- la date d'édition du document ;
- l'identité du souscripteur du contrat ;
- l'identité du ou des conducteurs désignés, avec la date d'obtention du permis ;
- le véhicule assuré, identifié par sa marque, son modèle et son immatriculation ;
- la date de souscription du contrat ;
- la date de résiliation, lorsque le contrat a pris fin, et son motif ;
- les sinistres survenus au cours des cinq dernières périodes annuelles, avec pour chacun sa date, sa nature et la part de responsabilité retenue ;
- le coefficient de réduction-majoration en cours, et la date à laquelle il a été arrêté.
L'ordre de lecture qui fait gagner du temps
Lire un relevé de haut en bas fait perdre le fil, parce que l'information décisive, la chronologie, est éparpillée. L'ordre suivant la reconstitue.
1. La date d'édition, avant tout le reste
Elle borne la validité de tout ce qui suit. Un relevé de huit mois ne dit rien des huit derniers mois, et c'est souvent là que se trouve ce qui change la décision.
2. Les bornes de chaque contrat
Date de souscription, date de résiliation. Posez-les sur un axe. Deux contrats qui se suivent « sans problème » d'après le client laissent souvent apparaître un écart de quelques semaines une fois alignés. Ils peuvent aussi se chevaucher, ce qui pose une autre question.
3. Le motif de résiliation
Résiliation à l'échéance par l'assuré, non-paiement de prime, résiliation par l'assureur après sinistre, fausse déclaration : les conséquences ne sont pas les mêmes, et certaines doivent être déclarées à la souscription suivante.
4. Les sinistres, avec leur part de responsabilité
Un sinistre « 50 % » ne majore pas comme un sinistre « 100 % », et un sinistre non responsable ne majore pas du tout. Notez la date de chacun : elle détermine la période de référence à laquelle il se rattache.
5. Le coefficient, en dernier
Il se vérifie une fois que tout le reste est posé, parce qu'il en est la conséquence. Le coefficient inscrit doit être cohérent avec la durée couverte et les sinistres listés. S'il ne l'est pas, l'un des trois est faux, et ce n'est pas toujours le coefficient. Le détail du calcul est ici.
Les six pièges les plus fréquents
- Le CRM en retard de deux mois
- Le coefficient est calculé sur une période de référence qui s'achève deux mois avant l'échéance. Un sinistre récent n'y est donc pas encore reflété. Le relevé n'est pas faux : il est simplement en avance sur le calcul.
- Les sinistres antérieurs à cinq ans, invisibles
- Seules les cinq dernières périodes annuelles sont mentionnées. Un relevé vierge n'atteste pas d'un passé vierge, seulement de cinq années propres.
- Le conducteur secondaire pris pour le principal
- L'antériorité et le coefficient se rattachent au conducteur désigné. Un relevé au nom du parent ne vaut pas antériorité pour l'enfant qui figurait en conducteur secondaire, même s'il conduisait le véhicule tous les jours.
- Le contrat suspendu compté comme couvert
- Une suspension de garantie, par exemple pour un véhicule vendu, immobilisé ou remisé, interrompt la couverture sans résilier le contrat. Le contrat court toujours, mais la période n'est pas couverte. Ce que cela change pour le bonus.
- L'immatriculation qui ne correspond pas
- Un relevé porte sur un véhicule. Si l'immatriculation ne correspond à aucun véhicule déclaré par le client, il manque un contrat au dossier ou le relevé n'est pas le sien.
- Les périodes qui se chevauchent
- Deux contrats couvrant simultanément le même conducteur ne sont pas anormaux (deux véhicules), mais deux relevés qui se chevauchent sur le même véhicule signalent une incohérence de dates. Un chevauchement gonfle artificiellement l'antériorité si l'on additionne les durées.
Ce qu'un relevé ne dit pas
Il ne mentionne pas les périodes pendant lesquelles le conducteur n'était assuré nulle part : elles n'apparaissent qu'en creux, entre deux contrats. Il ne mentionne pas non plus les contrats souscrits chez d'autres assureurs. Il en faut un par assureur, et c'est en les alignant que la chronologie devient lisible.
C'est exactement le travail qu'une frise chronologique rend visible : ce qui manque entre deux barres se voit, alors qu'entre deux lignes d'un tableau, non.
ChronoFrise reprend les périodes de tous les relevés d'un dossier, les pose sur un axe commun et calcule la couverture réelle, la plus longue interruption et le coefficient attendu. Voir comment la frise est construite.
Dernière mise à jour : 7 septembre 2026.
Questions fréquentes
Le relevé d'information en cinq questions
Qu'est-ce qu'un relevé d'information d'assurance ?
Le document par lequel un assureur atteste du passé d'un assuré sur un contrat de véhicule terrestre à moteur : identité du souscripteur et des conducteurs, véhicule assuré, dates de souscription et de résiliation, sinistres des cinq dernières périodes annuelles avec leur part de responsabilité, et coefficient de réduction-majoration en cours.
Dans quel délai l'assureur doit-il le fournir ?
Quinze jours à compter de la demande. Il est par ailleurs remis automatiquement lors de la résiliation du contrat, y compris lorsque celle-ci fait suite à un non-paiement de prime.
Sur combien d'années les sinistres sont-ils mentionnés ?
Sur les cinq dernières périodes annuelles d'assurance. Un sinistre plus ancien n'y figure plus, même s'il a pesé sur le coefficient à l'époque. Un relevé sans sinistre ne prouve donc pas un passé sans sinistre.
Un relevé d'information a-t-il une durée de validité ?
Pas de péremption légale, mais il photographie une situation à une date donnée. La plupart des assureurs exigent un relevé de moins de trois mois : un sinistre ou une résiliation postérieurs à son édition n'y figurent pas.
Que faire si le client ne peut pas fournir de relevé ?
Il peut le réclamer à son ancien assureur, tenu de le délivrer sous quinze jours, y compris après une résiliation pour non-paiement. Sans relevé, l'antériorité ne peut pas être établie : la souscription se fait sans reprise du coefficient, généralement à 1,00, ce qui pénalise un bon conducteur autant que cela protège un mauvais.
Du relevé à la conclusion, en trois minutes.
Saisissez les périodes, ChronoFrise construit la frise, recalcule le CRM et signale les incohérences. Sept jours d'essai, sans carte bancaire.
Windows 10 et 11 · moins de 2 Mo · 100 % hors ligne